Article publi-rédactionnel

Élus CSE en réunion analysant un projet de licenciement économique
Publié le 12 mars 2026

La direction vient de poser un document de 80 pages sur la table. Dedans, des chiffres, des formules, des références à des articles du Code du travail. Et vous, élu CSE, vous avez dix jours pour comprendre si les indemnités proposées sont correctes ou si vos collègues se font avoir.

J’ai accompagné des dizaines de CSE dans cette situation. L’erreur que je vois le plus souvent ? Accepter les calculs de la direction sans vérifier si la convention collective prévoit mieux. Résultat : des salariés qui partent avec 15 à 40 % de moins que ce qu’ils auraient dû toucher.

Ce guide vous donne les clés pour décrypter chaque composante de l’indemnité de licenciement dans un PSE. Pas de jargon inutile. Des chiffres concrets et des points de contrôle que vous pouvez utiliser dès votre prochaine réunion.

L’essentiel sur le calcul des indemnités PSE en 4 points

  • Indemnité légale minimale : 1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà (dès 8 mois d’ancienneté)
  • Votre convention collective peut imposer des montants supérieurs : vérifiez systématiquement
  • L’indemnité supra-légale se négocie : c’est là que le CSE peut vraiment peser
  • Dans un PSE, l’exonération fiscale est totale — mais attention au différé d’indemnisation chômage

PSE et indemnités : ce que les élus CSE doivent vérifier en priorité

Quand un PSE tombe, la tentation est de se noyer dans les détails de la procédure. Mais soyons clairs : votre priorité numéro un, c’est de comprendre ce que chaque salarié concerné va réellement toucher.

L’indemnité globale dans un PSE se compose de trois étages. Le premier, c’est l’indemnité légale — le minimum absolu prévu par le Code du travail. Le deuxième, c’est l’indemnité conventionnelle si votre branche prévoit mieux. Le troisième, c’est l’indemnité supra-légale : la cerise sur le gâteau, celle qui se négocie.

8 mois

Ancienneté minimale requise pour bénéficier de l’indemnité légale de licenciement

Ce seuil de 8 mois d’ancienneté ininterrompue est fixé aux termes de l’article L1234-9 du Code du travail. Avant ce délai, le salarié n’a pas droit à l’indemnité légale — mais attention, votre convention collective peut prévoir autre chose.

Dans les dossiers PSE que j’accompagne, l’erreur la plus fréquente reste la confusion entre l’indemnité légale (plancher absolu) et l’indemnité conventionnelle (souvent plus favorable). Ce constat est limité à ma pratique, mais j’observe régulièrement des écarts de 15 à 40 % entre le montant proposé initialement et celui réellement dû.

Franchement, si vous ne devez retenir qu’une chose : ne signez jamais un avis sur le PSE avant d’avoir vérifié quelle indemnité s’applique vraiment. La légale ou la conventionnelle. Et pour aller plus loin sur les indemnités et la mobilité dans un PSE, d’autres leviers existent au-delà du simple montant de départ.

Indemnité légale, conventionnelle ou supra-légale : les 3 calculs à maîtriser

Je vais vous donner une comparaison qui parle. L’indemnité légale, c’est le SMIC des indemnités : le minimum en dessous duquel on ne peut pas descendre. L’indemnité conventionnelle, c’est souvent 20 à 50 % de plus selon les branches. Et la supra-légale, c’est ce que vous arrachez à la direction pendant les négociations.

Voici le récapitulatif qui vous permettra de vérifier les calculs proposés par votre direction. Ces trois composantes ne se cumulent pas : c’est toujours la plus favorable au salarié qui s’applique pour la partie légale/conventionnelle, à laquelle s’ajoute éventuellement la supra-légale.

Indemnité légale vs conventionnelle vs supra-légale : le comparatif
Type d’indemnité Base de calcul Plancher/Plafond Négociable ? Fiscalité 2026
Indemnité légale 1/4 mois par an (≤10 ans), 1/3 au-delà Aucun plafond légal Non Exonération totale (PSE)
Indemnité conventionnelle Selon convention collective Variable selon branche Non Exonération totale (PSE)
Indemnité supra-légale Négociation collective Aucun (selon moyens entreprise) Oui — c’est là que vous intervenez Exonération totale (PSE)
L’analyse des chiffres : première étape pour vérifier les calculs proposés



L’indemnité légale : le plancher absolu à connaître

La formule est simple. Un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années. Un tiers de mois par année au-delà. Le salaire de référence retenu, c’est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois.

Prenons un exemple concret. Un salarié avec 15 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 000 €. Ça donne : (1/4 × 3 000 × 10) + (1/3 × 3 000 × 5) = 7 500 + 5 000 = 12 500 €. C’est le minimum absolu.

Piège fréquent : confondre indemnité légale et conventionnelle

Dans les dossiers que j’ai analysés, je constate que beaucoup de directions présentent uniquement le calcul légal sans mentionner que la convention collective prévoit parfois le double. Vérifiez toujours votre convention avant d’accepter les chiffres proposés.

L’indemnité conventionnelle : votre convention collective peut tout changer

C’est là que ça devient intéressant. Certaines conventions collectives prévoient des indemnités bien supérieures au minimum légal. La métallurgie, la chimie, la banque — ces branches ont historiquement négocié des conditions de départ plus favorables.

J’ai accompagné un CSE d’une PME industrielle de 180 salariés dans les Hauts-de-France. La direction proposait uniquement l’indemnité légale pour un PSE de 45 postes. Problème : la convention collective de la métallurgie prévoyait une indemnité nettement supérieure. Après analyse, les salariés ont obtenu en moyenne 3 mois de salaire supplémentaires par rapport à la proposition initiale.

Le réflexe à avoir : récupérez votre convention collective dès l’annonce du PSE. Cherchez la section « rupture du contrat de travail » ou « indemnité de licenciement ». Comparez avec le légal. Si la conventionnelle est plus favorable, c’est elle qui s’applique de plein droit.

L’indemnité supra-légale : la marge de négociation réelle

L’indemnité supra-légale, c’est tout ce qui dépasse le minimum obligatoire (légal ou conventionnel). Et c’est là que le CSE et les organisations syndicales ont vraiment leur mot à dire.

Dans un PSE, cette indemnité fait partie des mesures d’accompagnement négociables. Son montant dépend de plusieurs facteurs : la santé financière de l’entreprise, le rapport de force syndical, et la capacité des élus à démontrer que les propositions sont insuffisantes.

Attention au revers de la médaille. D’après les données 2026 de l’Unédic, les indemnités supra-légales déclenchent un différé d’indemnisation chômage. Le calcul : montant supra-légal divisé par 111,8. La durée maximale de ce différé est de 75 jours dans le cadre d’un licenciement économique. C’est moins que les 150 jours hors motif économique, mais c’est quand même un paramètre à intégrer dans la négociation.

Selon Service-Public.fr, l’exonération fiscale des indemnités versées dans le cadre d’un PSE est totale. Pour les cotisations sociales, l’exonération s’applique dans la limite de 96 120 € en 2026 (deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale). Au-delà, les cotisations s’appliquent normalement.

Comment CE Expertises aide les CSE à négocier de meilleures indemnités

Face à des calculs d’indemnités complexes, le CSE se retrouve souvent démuni. La direction dispose d’avocats, de consultants, de services RH rompus à ces exercices. Les élus, eux, découvrent parfois ces procédures pour la première fois.

CE Expertises intervient précisément à ce moment. Le cabinet accompagne exclusivement les instances représentatives du personnel — CSE, CSE centraux, comités de groupe — dans l’analyse des projets de restructuration. Une expertise unique qui couvre à la fois les aspects économiques, comptables et les conditions de travail.

L’accompagnement expert : traduire le jargon financier en leviers de négociation



Concrètement, CE Expertises décortique les propositions d’indemnités sous trois angles. Premier angle : la vérification des bases de calcul (salaire de référence, ancienneté, convention applicable). Deuxième angle : l’identification des écarts entre ce qui est proposé et ce qui est dû. Troisième angle : le benchmark des pratiques pour évaluer si les indemnités supra-légales proposées sont dans la fourchette habituelle du secteur.

L’accompagnement de CE Expertises ne se limite pas à l’analyse technique. Le cabinet conseille également les organisations syndicales dans la préparation et la conduite des négociations d’accord majoritaire. Objectif : transformer l’analyse chiffrée en arguments concrets pour obtenir de meilleures conditions.

Le financement par l’employeur

La mission d’expertise PSE est intégralement rémunérée par l’employeur, conformément au Code du travail. Le CSE ne débourse rien. Cette règle permet aux élus de bénéficier d’un accompagnement expert sans impacter le budget de fonctionnement du comité.

Les bénéfices pour le CSE sont directs : capacité à identifier les sous-estimations dans les calculs proposés, arguments chiffrés opposables à la direction, et accompagnement tout au long de la procédure jusqu’à la signature de l’accord ou l’homologation du document unilatéral.

Calendrier type : quand et comment agir pour maximiser les indemnités

Je recommande systématiquement de désigner un expert-comptable dès la R0 — la réunion dite « de cadrage » avec les organisations syndicales. Pourquoi ? Parce que c’est à ce moment-là que les bases de négociation se fixent. Attendre la première réunion officielle du CSE, c’est déjà perdre du terrain.


  • Première réunion CSE : désignation de l’expert-comptable

  • Réception et analyse des documents économiques

  • Analyse détaillée des indemnités proposées — moment clé pour identifier les écarts

  • Restitution des conclusions et recommandations au CSE

  • Négociations sur les mesures d’accompagnement et indemnités supra-légales

  • Signature accord majoritaire ou homologation par la DREETS
Visualiser les étapes clés : ne pas rater les fenêtres de négociation



Cette timeline est basée sur les délais que je constate en accompagnement de CSE. Elle peut varier selon le nombre de licenciements envisagés et la complexité du dossier. Mais le principe reste le même : plus vous intervenez tôt sur la question des indemnités, plus vous avez de leviers.

Votre checklist de vérification des indemnités proposées


  • Vérifier l’ancienneté retenue pour chaque salarié (attention aux périodes de suspension)

  • Comparer le salaire de référence utilisé avec les deux méthodes légales (12 mois vs 3 mois)

  • Récupérer votre convention collective et identifier la section indemnités de licenciement

  • Calculer l’écart entre indemnité légale et conventionnelle pour chaque profil type

  • Évaluer la marge de négociation sur la supra-légale au regard de la santé financière de l’entreprise

Vos questions sur le calcul des indemnités PSE

L’indemnité de licenciement dans un PSE est-elle imposable ?

Non, dans le cadre d’un PSE, l’exonération fiscale est totale. C’est un avantage significatif par rapport aux autres formes de rupture. Pour les cotisations sociales, l’exonération s’applique jusqu’à 96 120 € en 2026.

Comment calculer le salaire de référence si j’ai été en arrêt maladie ?

Les périodes d’arrêt maladie sont neutralisées dans le calcul du salaire de référence. On reconstitue le salaire comme si vous aviez travaillé normalement. Vérifiez que la direction applique bien cette règle — c’est une source fréquente d’erreurs.

La convention collective prime-t-elle toujours sur l’indemnité légale ?

Oui, si elle est plus favorable. C’est le principe de faveur : le salarié bénéficie toujours de la disposition la plus avantageuse entre la loi et la convention collective. Attention : certaines conventions prévoient des conditions spécifiques (ancienneté minimale différente, par exemple).

Puis-je négocier individuellement mon indemnité supra-légale ?

Dans un PSE, l’indemnité supra-légale est négociée collectivement, pas individuellement. C’est la négociation entre direction et organisations syndicales (ou la consultation du CSE) qui fixe les montants. D’où l’importance d’avoir des représentants bien préparés.

Que se passe-t-il si je refuse le PSE ?

Vous ne pouvez pas « refuser » un PSE en tant que salarié concerné. Si votre poste est supprimé et que vous refusez les propositions de reclassement, vous serez licencié pour motif économique avec les indemnités prévues. Le refus n’entraîne pas la perte des indemnités.

Limites de ce guide sur les indemnités PSE

Ce contenu ne remplace pas l’analyse personnalisée d’un professionnel :

  • Les montants et seuils mentionnés peuvent évoluer selon les textes en vigueur — vérifiez sur Legifrance avant toute décision
  • Chaque PSE est unique : convention collective, accords d’entreprise et situation économique impactent les calculs
  • Ce guide ne couvre pas les cas particuliers (temps partiel, cadres dirigeants, salariés protégés)

Risques à connaître :

  • Sous-estimation des droits si la convention collective plus favorable n’est pas identifiée
  • Prescription si contestation des indemnités au-delà des délais légaux (12 mois)
  • Confusion entre indemnité légale minimale et indemnité conventionnelle applicable

Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un expert-comptable du CSE ou un avocat spécialisé en droit du travail.

Rédigé par Vincent Garnier, expert-comptable spécialisé dans l'accompagnement des instances représentatives du personnel depuis plus de 10 ans. Il intervient auprès des CSE, CSE centraux et comités de groupe lors de procédures de licenciement économique et de restructuration. Son expertise porte sur l'analyse des motifs économiques, l'audit des méthodes de quantification des suppressions de postes et l'évaluation des impacts sur les conditions de travail. Il a accompagné plusieurs dizaines de CSE dans des procédures PSE, de la désignation de l'expert jusqu'à la signature de l'accord majoritaire.